n entend souvent que le bruxisme est « dû au stress ». C’est en partie vrai, mais très incomplet. Les causes du bruxisme sont multiples et s’entremêlent. Stress, neurochimie, médicaments, troubles respiratoires : voici ce que la science nous apprend.
Le stress et l’anxiété : premières causes du bruxisme identifiées.
Le stress reste le facteur de risque le plus connu. Sous l’effet d’une tension émotionnelle, les muscles de la mâchoire se contractent. Ce serrement devient un réflexe inconscient.
Les patients bruxeurs présentent souvent un profil type. Ils sont perfectionnistes et anxieux, ou porteur d’un traumatisme nous digéré. De plus, ils ont du mal à externaliser leurs émotions. Par conséquent, la mâchoire devient une « soupape » de décharge.
Toutefois, le stress n’est pas la seule explication. De nombreux patients peu stressés souffrent aussi de bruxisme. Il faut donc chercher d’autres causes.
Une piste: Le rôle du système dopaminergique.
La dopamine joue un rôle central dans le bruxisme du sommeil. En effet, un déséquilibre des récepteurs dopaminergiques (D2) favorise les épisodes moteurs nocturnes.
C’est aussi pourquoi certains médicaments aggravent le bruxisme. Les antidépresseurs de type ISRS et la venlafaxine modifient l’activité dopaminergique. Par conséquent, ils peuvent déclencher ou intensifier le grincement. Mais il semble qu’ils soient aggravant mais pas l’origine.
L’apnée du sommeil : une cause sous-estimée.
L’association entre bruxisme et apnée obstructive du sommeil est de mieux en mieux documentée. Selon certaines hypothèses, le bruxisme serait un réflexe protecteur. La contraction des muscles de la mâchoire aiderait à rouvrir les voies aériennes obstruées.
Autrement dit, le bruxisme pourrait parfois être un symptôme d’apnée du sommeil. C’est pourquoi le dépistage croisé est essentiel.
Les facteurs occlusaux : cause ou conséquence ?
Contrairement à une idée reçue, les problèmes d’alignement dentaire ne causent pas le bruxisme. En réalité, la malocclusion est plutôt une conséquence de l’usure chronique.
Comprendre les causes du bruxisme pour mieux le traiter.
Cette multiplicité de causes explique pourquoi aucun traitement unique ne suffit. Seule une évaluation globale permet d’identifier les facteurs propres à chaque patient. C’est l’approche que nous proposons à l’Institut du Bruxisme.
